Des explications

Ne pas savoir ce qu’il s’est passé. Voilà ce qui m’occupe l’esprit tous les jours. Comment un bébé, à terme, en parfaite santé d’après tous les examens, peut-il perdre la vie en l’espace de quelques heures? Et cela sans explication plausible, après de multiples analyses?

Je ne l’accepte pas. Je n’accepte pas qu’il n’y ait pas de raison.

En même temps, je ne sais pas si j’aimerais tellement savoir… si c’était une chose liée à moi, et à mon comportement? La façon que j’avais de dormir (pourtant toujours sur le côté selon les recommendations en vigueur…). La chaleur que j’avais expérimentée cet été dans le sud de la France, en vacances. Les tasses de cappuccino que j’essayais tant bien que mal de réduire mais qui étaient au final mon péché mignon après avoir arrêté les fromages non-pasteurisés, les tartares, les huîtres, même les cheese cakes (et mon air ébahi quand on m’a dit que les oeufs étaient cuits logiquement dans ce gâteau…)

Mais on ne peut plus rien changer. C’est le plus douloureux. Même si je savais ce qui avait conduit à l’arrêt du coeur du petit Victor, je ne pourrais quand même plus rien faire. La seule chose qui me motive c’est de pouvoir savoir comment éviter une nouvelle fois ce drame, que ce soit pour une prochaine grossesse pour moi ou pour les futures mamans en général.

Il y a tellement peu de recherches sur le sujet. En France, autant l’oublier j’ai l’impression. Déja, googler ce thème est une horreur. Comment peut-on juste parler d’enfants “morts-nés”?!! Ecrire ce terme me révolte. Utiliser le terme MFIU (mort foetale in-utero) à la place, peut aider, mais là encore, aucune réponse sur des recherches, des services spécialisés qui travaillent sur le sujet…

Pareil en Allemagne, où j’habite. Très peu, voire aucune littérature sur le sujet, confirmée par une gynécologue.

La Grande-Bretagne fait figure d’exemple : l’association Tommy‘s lutte depuis des années pour faire changer les mentalités en la matière et met en oeuvre un grand nombre d’actions pour sensibiliser le public sur le sujet. Ils ont également des centres de recherches hospitaliers pour la santé des femmes enceintes et des bébés.

En Australie, le gouvernement a même fait inauguré une table-ronde et libéré 7,2 millions de budget avec pour objectif de réduire le nombre de “stillbirths” (car oui, en anglais, il y a un nom, comme en Allemand, “Stille Geburt”, pour qualifier ce drame). De même, là bas, la Stillbirth Foundation lève des fonds pour la recherche et la prévention.

Aux Etats-Unis, la Star Legacy Foundation s’engage sur ce thème, avec beaucoup de ressources médicales, universitaires, etc.

Donc voilà ce que donnent mes recherches. Mais je ne suis ni en Grande-Bretagne, ni en Australie, ni aux Etats-Unis. je n’ai pas accès direct à ces associations. Il est vrai qu’il y a une vraie mane de soutien ici aussi, en France ou en Allemagne, je ne vais pas le cacher. Mais ces associations précisément se concentrent sur le deuil, l’acceptation de l’absence… et pas du tout sur le côté médical, les raisons de ces décès.

Ce que je recherche, c’est une organisation qui s’occupe de ce genre de cas. Qui veut aller plus loin que le seul “désolé, il n’y a pas de cause précise de décès…”. Qui motive par du budget alloué des équipes de recherches sur le sujet. Qui fasse de la prévention et des campagnes publiques pour que les femmes qui se retrouvent dans cette situation ne se retrouvent pas totalement démunies.

Car c’est comme cela que l’on sort de la maternité. Sans bébé. Et sans aucune idée comment cela a pu se passer. Et sans aucun outil pour la suite, avec simplement une liste de psychologues à appeler…

Car nous voulons des réponses.